03 juin 2009
Bilan de l'année...
Un bilan et une année un peu tronqués, bizarre puisque mon résultat, ma prduction la plus importante arrive dans la semaine : je parle bien sûr de ma seconde fille... Et être enceinte perturbe quand même l'année... et les élèves !
Ceci dit, je peux dire que, malgré des débuts difficiles, la plupart des élèves ont dit être tristes à l'idée de ne pas pouvoir travailler jusqu'à la fin de l'année avec ma méthode, surtout les élèves limite que ce soit côté résultat ou comportement. ceux-là ont ressenti un vrai mieux, leurs notes aussi et ont bien su me le dire avant mon départ... Seuls les élèves qui n'ont pas su soritr du scolaire et faire plus que le perroquet ont gardé une frustration de ne pas avoir les bonnes notes que cela leur vaut dans les autres matières : tant pis pour eux... Donc côté élève, c'est positif... Ma remplaçante devrait leur reparler de notre différence de méthode... A suivre ?!
Coté prof, moi donc, c'est positif aussi ! J'ai apprécié de pouvoir aider tout le monde de tous les voir progresser... D'avoir un contact personnel avec chacun et une opinion précise des capacités de tous... Même si cela a parfois ressemblé à du marquage à la culotte et demandé beaucoup de corrections..
Cela m'a aussi demandé de renoncer au rêve du cahier parfait, super propre et tout juste : pas très évident... Mais utile !
Enfin, le gros point négatif serait la gestion du bruit... Le niveau sonore m'a souvent gêné sans que je parvienne à y remédier... Je pense que cela explique aussi pourquoi je n'ai pas autant pratiqué le travail de groupe que prévu... Cela me semblait trop lourd... mais bcp de choses me semblaient lourdes cette année... Bref, il faudra trouver des pistes dès la rentrée...
A améliorer aussi ce qui concerne la remédiation : j'ai bien réussi à fonctionner par compétences mais peu à trouver du temps et des exercices pour revenir sur celles non acquises... Il faudrait carrément ne plus faire de controle bloc mais plutôt plein de petits correspondant chacun à une compétence... A articuler avec les nouveaux programmes;..
Sur le B2I aussi, il faudra organises les choses...
C'est côté parents qu'il faudra surtout améliorer les choses, je crois, en communiquant mieux en début d'année... Il y a eu beaucoup d'angoisses, j'ai dû bcp me justifier... Et c'était fatigant ! Je préparerai un papier avec des citations officielles pour argumenter ma pratique et le leur donnerai dès le début d'année... ne pas avoir de leçon dictée à apprendre par coeur perturbe finalement encore plus les parents que les enfants... L'autonomie de pensée n'et pas une évidence...
Bon l'an prochian, je devrai être à mi temps et être prof principal d'une sixième si tout se passe comme prévu, ce qui devrait me donner du confort par rapport à cette année à temps plein avec trois heures sup'...
En attendant... je vais pondre ! ! ! Sauf si j'ai le temps de vous livrer mon comparatif des manuels nvx programmes...
Comment raisonne les élèves???
Bonne question... 160 pages pour y répondre... A potasser en ligne, quand j'aurai le temps/ le courage !
http://www.discip.ac-caen.fr/histgeo/raison_hg_gfa/telechargement.html
02 juin 2009
Un collège de la réussite et du plaisir
Tout est dans le titre : il s'agit d'une revue numérique (les cahiers pédagogiques ) qui raconte l'expérience du collège Clisthène qui applique les méthodes auxquelles je suis attachée / dont je rêve...
Vous la trouverez ici : http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=4505
Bonne lecture !
24 mars 2009
Grand cri !
Je reviens d'une journée de formation sur les nouveaux programmes d'histoire géo et ce que j'y ai entendu me fait sortir de mon mutisme (excusable pour cause de couvade : avril sera le mois de mon congé j'en profite pour fair eun bilan promis!!!)
Bien sur, les mises à jour historiograhiques sont plus qu'appréciables... Il a quand même 12 ans ce programme... MAIS 1. l'IPR s'est efforcé de nous montrer qu'on est très libre avec ses programmes... or, notre liberté se limite choisr entre 2 options imposées à chaque thème, exemple : décrire un temple ou raconter un mythe... C'est pas franchement la panacé... Les capacités à évaluer sont TOUTES indiquées, ce qui simplifie notre travail mais côté liberté...
2. On nous a fait tout un barratin sur le retour du récit DU PROF, qui doit devenir un prof conteur... En gros, c'est le retour du magistral sur disons, la moitié du temps... la parole du prof redevient l'élément clé et même, le prof est autorisé à créer ses propres sources : le formateur a fait un résumé de l'épopée de GIlgamesh qu'il propose aux élèves comme doc de travail en mettant comme auteur Machin, prof d'histoire d'après l'épopée...
3. On nous a d'ailleurs fait vivre une parfaite illustration de la chose en nous assomant de cours magistraux pendant 7h30.... Très franchement, je préférai la version échange de pratiques et travail de groupe pratiqué du temps de ma formation (5 ans seulement)... J'avais moins l'impression d'être une idiote assommée...
4. L'IPR a dit " On doit étudier la loi donc les discriminations, on doit les traiter dans ce cadre, voir comment elles sont punies et non pourquoi elles le sont..." Exit l'esprit critique et toute tentative de réfléxion philosophiques...
C'est bien l'impression dominante : on attend encore moins de nous de faire des citoyens actifs et critiques mais plutôt des êtres obéissants, respectueux des contes et des lois... Flippant... Mais pas étonnant ! !!
PS : je précise que je sais faire des CM sur n'importe quel sujet, c'était même une épreuve d'agreg MAIS, face à des adoslescents, je n'en vois pas l'intérêt pédagogique (décrochage asuré, la TV c'est plus captivant ! et donc on zappe...) et encore moins civique (le respect de la sainte parole ne me semble pas préparer à être un citoyen actif et responsable...)
03 novembre 2008
Enseigner (l'histoire) sans cours magistral...
Ni leçon à recopier, c'est mon challenge cette année en 6 ème, 5ème...
C'est ma manière de lutter contre le phénomène perroquet ! Vous savez, quand l'élève récite sa leçon mot à mot sans avoir compris un seul mot.... phénomène fréquent quand une partie des élèves n'est pas de langue maternelle française, ce qui est mon cas ! ! !
Je mets les élèves en position d'historien (enfin presque ! ): je leur fournis les docs sources et le questionnaire, la problématique et ils construisent LEURS réponses à la problématique d'après ce qu'ils ont retenu/compris des docs... Cela constitue leurs leçons...Je suis quand même obligée de les rassurer en validant avec eux les mots clés ou incontournables.
En fait, au début de chaque chapitre, je fournis le plan de travail avec les 3 ou 4 problématiques et les fiches d'activité correspondantes avec seulement les dates des 2 évaluations (intermédiaires/finales) plus le tableau de compétences et les élèves avancent à leur rythme dans la progression... Les plus rapides auront un approfondissement...Voilà un exemple de ces plans qui ont tous la même apparence!
Cliquez dessus pour lire... Ou ouvrez le fichier texteplan_de_travail
Seulement, ils y arrivent plus ou moins d'où l'idée de tutelle (en gros je leur dis à chaque cours ce qu'ils doivent faire), tutorat (ils reçoivent l'aide d'un camarade)) ou autonomie (pour ceux qui gèrent parfaitement)... 
Pendant les cours, au lieu de parler/dicter, je circule et vais voir tout le monde ou presque, je valide toutes les traces écrites ou presque... Ce qui est assez épuisant...
Je fonctionne ainsi depuis la rentrée et ça roule à peu près : sans soucis en 6ème plus difficile en 5ème où ils se sont déjà habitués à la facilité du gavage... Certains parents sont aussi désarçonnés mais j'explique et sauf une exception, ça roule...
Cela me permet d'aider tous les élèves, tous sont obligés de travailler et de rédiger, ce qui est très très satisfaisant.. Une meilleure gestion de l'hétérogénéité et aussi une plus grande responsabilisation des élèves... Pas de travail écrit à la maison s'ils ont bien bossé en classe...
Ce qui l'est moins : la difficulté pour moi et eux et leurs parents de renoncer au cours parfait à la vérité révélée,
Le niveau sonore difficile à maitriser,
ma difficulté à inclure dans ce fonctionnement des stages d'entretien ou remédiation des capacités (savoir faire...)... Un autre défi de cette année... Je ferai un post... En fait, je construis mon planning en suivant les indications temporelle officielles du mieux possible, ce qui ne dégage pas le temps nécessaire pour la remédiation et je n'arrive pas à l'intégrer aux chapitres... J'y réféchis...
Les coups de bourre quand plus de 3 élèves me réclament en même temps(là j'ai la soluce il faut juste que je prenne le temps de monter les tétra aide ! )...
L'absence de correction systématique des exos qui me donnent mauvaise conscience mais si je le fais, certains retomberont dans l'attente ! ! !
18 octobre 2008
Capacités et compétences en HG
J'ai passé une bonne partie de juillet à établir la liste des compétences en HG... J'en ai trouvé plus de 100 répartis en presque 15 thèmes... Et arrivée là, je me suis dit que c'était beaucoup trop pour débuter et donc j'ai cherché et trouvé ça : liste de capacités et évaluation diagnostic tout près
Je l'ai donc adapté et mis en oeuvre à la rentrée... je sais donc exactement qui sait faire quoi ou pas d'autant que j'ai réussi à poursuivre l'effort pendant les évaluations suivantes...
Ainsi, seuls 9 élèves sur 24 entrent en 6ème en maitrisant l'orientation, seuls 5/24 ont les grands repères terrestres, 1/2 sait utiliser une carte, aucun ne maitrsie les siècles et chiffres romains
En 5ème, 7 élèves sur 28 ne savent pas classer des dates par ordre croissant, aucun ne maitrisent totalement les siècles mais 18 maitrisent l'orientation, beaucoup moins les repères(6), 8 sont perdus avec une carte, 16 ne savent pas faire de phrases... Dans mes 2 5èmes, les chiffres sont stables... ;-(
Pas brillant, hein ??? J'ai du boulot...
Par contre, je n'arrive pas à mettre en place les séances de remédiation... Elles sont prêtes dans ma tête mais Manque de temps : je vais devoir choisir entre ça et le respect du programme entier... En fait, voilà, en le disant, j'ai choisi, c'est quand même vachement plus capital... NON???
03 octobre 2008
Corrections utiles
J'ai un gros problème avec les corrections d'exercices ou de controle pour sortir les élèves de la passivité et de l'ennui pour que cela serve à quelque chose...
Voilà un témoignage à exploiter
"sur http://la-gazette.over-blog.com, j'ai mis la procédure que j'utilise
pour l'analyse d'erreur.
1. Je reprends mon travail et le corrigé : je compare mes réponses à celles qu'il fallait faire.
2. Je repère l'erreur ou les erreurs mises en évidence par le professeur (elles sont en général numérotées parfois surlignées).
3. Je me pose les mêmes questions pour chaque erreur mise en évidence et je réponds par écrit, en faisant des phrases complètes :
- Qu'est-ce que je me suis dit quand j'ai lu la consigne ?
- A quoi ai-je vu que je pouvais faire ce que j'ai fait, répondre ce que j'ai répondu ?
- Quelles connaissances ou méthodes ai-je utilisées ?
- Maintenant que je lis le corrigé, je pense que j'aurais dû commencer par... (explique...) et je vois que j'aurais dû utiliser telles connaissances ou telles méthodes (cite en t'aidant du cours, du manuel).
- Pour éviter cette erreur à l'avenir, je propose de... (écris ta solution pour vérifier au prochain contrôle si elle marche).
Et voilà un texte pondu cet été mais non encore utilisé... faut que je me booste...
Le dernier point de l'analyse d'erreur te permet de te constituer des fiches de méthode que tu as le droit d'utiliser pendant les évaluations intermédiaires et les exercices."
Pour les exercices, j'ai essayé l'autocorrection : je fournissais un poly avec les réponse que les élèves consultaient quand ils avaient fini... mais très vite, les fainéants cherchent à recopier les réponses plutôt qu'à chercher...
06 septembre 2008
Les outils de Thomas Gordon
! Ceci est un résumé personel et incomplet de ce que j'ai retenu/ compris des bouquins de Gordon dans le cadre de ma vie familiale et professionnelle ! Rien ne vaut la lecture de Parents conscients ou enseignants conscients...
Pour résoudre un conflit sans violence, il faut d'abord bien identifier à qui appartient le problème...
si le problème m'appartient, je fais un
message JE puis une résolution de conflits sans perdants. S'il
appartient aux autres, je pratique l'écoute active, si je peux...
Un message JE est un message qui place celu qui parle au centre ; au lien de dire "vous êtes pénibles à toujours bavarder ! " je dis "quand vous bavardez, j'ai mal à la tête et je me sens nulle parce que j'ai l'impression de mal faire mon travail ! " C'était beaucoup moins agressif et donc beaucoup plus facilement pris en compte... La structure "quand tu..., je me sens... parce que ça me fait ça" est très importante, il faut préciser els effets concrets...
La résolution de conflits sans perdants consiste à énoncer clairement les problèmes et besoins de chacune des 2 partis afin de trouver un compromis acceptable. cela passe par différentes étapes : définir le problème, lister toutes solutions possibles, les évaluer, en choisir une et quelques temps après, faire un bilan et ajuster... Vous trouverez un exemple un peu plus loin sur ce blog...
L'écoute active consiste à refléter et éclaircir les émotions de celui qui nous parle, sans tenter de l'aider ou influencer. Par exemple, si un enfant dit "regarde tout ce sang!", cela peut traduire aussi bien la peur que l'étonnement que la douleur... On tente de trouver la bonne solution en lui disant "tu as peur? Tu as vraiment mal ?"
Dans le cas de 2 élèves qui se battent, le combat en lui même n'est pas un problème pour le prof donc on peut soit proposer notre médiation et les accompagner par l'écoute active. Je pense que ça leur
permet de constater que
1- on peut régler des problèmes sans violence verbale.
2- les points de vue de chacun sont souvent tout à fait justifié.
3- il est utile de savoir s'exprimer clairement et calmement
Par contre,le dérangement induit peut être un problème pour le prof et donc on peut le siginifier par un message JE
Dans le cas d'une classe bavarde, à qui appartient le problème ??? Au prof bien plus qu'à la classe en fait ! La plupart des élèves sont bien contents de papauter donc là aussi il faut ouvrir par un message JE qui insiste sur les conséquences pratiques sur nous pour bien qu'ils comprennent qu'on a un VRAi problème... Et
qu'ils nous aident à trouver une solution par la résolution de conflits sans perdants...
Ceci dit, on peut parfaitement se heurter à un conflit de valeurs : les élèves ne reconnaissent pas le travail comme une valeur... Dans ce cas, c'est pas gagné ! Il faut qu'ils nous acceptent comme conseiller et donc cela suppose tout un travail sur les valeurs... Et une révolution pédagogique ! ! !
01 juillet 2008
Appel des spécialistes
Cent chercheurs appellent à "sauver le primaire "
S. Beaud, M. Duru-Bellat, S. Joshua, B. Lahire, C. Lelièvre, P. Meirieu, P. Merle, JY Rochex, A Van Zanten pour ne citer que les plus célèbres, une centaine de chercheurs en sciences de l'éducation lancent un appel au rassemblement contre les mesures Darcos. "Il est plus que temps que la communauté intellectuelle, les parents, les enseignants et l’ensemble des citoyens intéressés à la cause de l’école publique se réunissent pour mettre un terme à cette contre- réforme et créent les conditions d’un autre avenir pour ce qui constitue la base de l’ensemble du système d’enseignement" affirment-ils.
"Alors que les inégalités sociales de réussite scolaire sont toujours aussi manifestes, que pour toutes les familles les attentes à l’égard de l’école restent vives, une politique résolue doit être mise en œuvre pour prévenir, dès le plus jeune âge, la difficulté scolaire et mieux assurer la rencontre de tous les élèves avec les savoirs et les pratiques scolaires. Les acquis de la recherche démontrent qu’il s’agit de redonner toute leur place aux apprentissages des écoles maternelles et élémentaires, de renforcer leur cohérence, de prendre le temps de l’explicitation des attentes et de la régularité du travail demandé aux élèves, de mieux répartir les enseignements sur la semaine et sur l’année". Toutes choses que, selon eux, ne préparent pas les mesures ministérielles.
"La politique gouvernementale prépare une véritable débâcle" prédisent-ils. "Avec moins de 140 jours de classe par an, la France se situerait à un niveau des plus médiocres parmi les pays comparables. Mais il faudrait en plus se soumettre à des programmes impossibles.. On sait d’avance quels groupes sociaux feront les frais d’une telle politique".
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2008/06/27062008Accueil.aspx
De monsieur notre ministre pas vraiment bien aimé...
Les tirades de Darcos déchiffrées
Le ministre de l’Education fait parler les statistiques pour conforter ses réformes. «Libération» a confronté ses calculs aux chiffres réels.
VÉRONIQUE SOULÉ vendredi 27 juin 2008
Agrégé de lettres classiques, Xavier Darcos sait aussi manier les chiffres. Pour justifier ses réformes, le ministre de l’Education nationale use et abuse des statistiques pour démontrer que le système français marche mal, qu’il est l’un des plus coûteux au monde et que les résultats des élèves sont malgré tout médiocres, souvent en queue de peloton.
«Pour convaincre du bien-fondé des réformes dans l’éducation, les politiques ont de plus en plus recours aux comparaisons internationales afin de mobiliser l’opinion, souligne Nathalie Mons, spécialiste des systèmes éducatifs dans le monde (1). On retient plus facilement les chiffres que de grands discours.» La chercheuse met toutefois en garde contre les abus : «Un discours déclinologue peut avoir des conséquences négatives à moyen terme. Il risque de décrédibiliser l’institution scolaire aux yeux des parents. Il peut aussi porter atteinte à l’image de l’école française et se ressentir sur notre réseau d’établissements et sur l’expertise française à l’étranger.»
D’autant qu’à y regarder de plus près, les affirmations chiffrées du ministre sont parfois vraies, souvent incomplètes, voire biaisées, quand elles ne sont pas carrément fausses. Libération les a passées au crible.
(1) Les Politiques éducatives, la France fait-elle les bons choix ? Editions PUF, 2007, 202 pp., 19 euros.
«Nous avons un des meilleurs taux d’encadrement au monde : 1 professeur pour 11 élèves»
C’est l’un des arguments massue de Xavier Darcos pour justifier les 11 200 réductions de postes prévues à la rentrée 2008, essentiellement dans le secondaire : jusqu’ici, l’Education nationale avait un train de vie dispendieux, désormais il va falloir compter. Pour enfoncer le clou, le ministre ajoute d’autres chiffres, généralement sur l’augmentation constante du nombre d’enseignants ces dernières années malgré la baisse des effectifs des élèves.
En réalité personne, ou presque, n’a jamais vu de classe à 11 élèves. Et pour cause. Le ministre utilise le taux d’encadrement, qui est le nombre total d’enseignants divisé par celui des élèves. Sont donc inclus les professeurs qui ne sont pas en permanence devant des classes - parce qu’ils sont détachés dans l’administration, qu’ils effectuent des remplacements, enseignent des options rares, sont en maladie, etc. Le chiffre significatif, qui exprime la réalité des classes, est en fait celui de la taille, c’est-à-dire le nombre d’élèves moyen par «division». La France est l’un des pays les plus mal classés : 28 élèves par classe en lycée général, 19 en lycée pro. Selon l’enquête Eurydice de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) portant sur les élèves de 15 ans, avec des classes de maths en moyenne à 26,6, elle est même la lanterne rouge. En Finlande, le chiffre est de 18,2.
«Un lycéen français coûte 22 % de plus que la moyenne des pays européens»
C’est un autre argument choc, qui vise à souligner le gâchis d’un système très cher et peu efficace puisque les élèves français ne sont pas meilleurs que les autres. Pour appuyer son propos, le ministre rappelle que le budget de l’éducation a doublé ces vingt dernières années - sans préciser qu’il y a eu en même temps l’arrivée massive d’élèves dans le système - ou qu’à lui seul, il pèse plus de la moitié des dépenses de l’Etat.
Le tableau est incomplet. Si l’on regarde les comparaisons internationales, le coût d’un lycéen français est en effet supérieur à la moyenne - notamment en raison de la mauvaise gestion des personnels et de la déperdition qui s’ensuit. En revanche, celui d’un collégien est dans la moyenne et celui d’un élève du primaire carrément en dessous. Sans parler des étudiants, à la traîne.Contrairement à ce que l’on peut croire, la France n’investit pas si massivement dans l’éducation. Si l’on observe les dépenses de l’Etat dans ce domaine rapportées au PIB (la richesse du pays), elle se situe dans la bonne moyenne, sans plus. Pour le lycée, le chiffre est de 1,5 % contre 1,4 % pour la moyenne des 19 pays de l’Union européenne pris en compte dans l’enquête de l’OCDE.
«Un lycéen français a jusqu’à 35 heures de cours par semaine»
Le ministre l’a beaucoup répété ces derniers temps pour justifier la nécessité de réformer le lycée et de réduire les heures de cours. Il s’agit d’accréditer l’idée qu’en pleine révision générale des politiques publiques (RGPP), la priorité n’est nullement de faire des économies, mais bien d’améliorer le système. Les lycéens ont trop de cours magistraux et s’éparpillent dans les options, estime le ministre. Trop passifs, ils doivent apprendre à travailler en groupe, à faire des recherches.
On trouve quelques lycéens qui ont jusqu’à trente-cinq heures hebdomadaires : des terminales S ayant pris deux options, c’est-à-dire le maximum. Si on compte leurs heures d’atelier, les «pros» sont aussi très chargés. Mais la plupart des lycéens ont moins de trente heures, entre vingt et vingt-cinq dans la filière littéraire L, où il y a en revanche beaucoup de travail à la maison. Dans les comparaisons internationales, les lycéens français sont d’ailleurs loin d’être les plus chargés. Seuls les élèves du primaire sont nettement au-dessus de la moyenne. Ils ne le seront bientôt plus, avec la réforme des programmes qui entre application à la rentrée 2008 - en supprimant l’école le samedi matin, le ministre a retiré deux heures d’enseignement hebdomadaires qui vont être transformées en soutien pour les élèves en difficulté.
«Pourtant, trois ans plus tard, la moitié des lycéens n’a aucun diplôme du supérieur»
Pour être frappante, l’assertion est très approximative. On ne sait pas si le ministre parle seulement des bacheliers, s’il vise l’échec à l’université, etc. Cette statistique vient en appui des chiffres précédents : non seulement le lycée est très coûteux, mais il prépare mal au supérieur, preuve - s’il en fallait encore - de son inefficacité.
Pourtant, une fois n’est pas coutume, tous les experts s’accordent : la France s’en sort ici mieux que les autres. Si l’on prend les derniers chiffres de l’OCDE (2004), 21 % des étudiants qui démarrent une formation de niveau universitaire sortent du système sans aucun diplôme. Au total, 79 % en décrochent donc un - 64 % obtiennent un diplôme au moins équivalent à la licence, 15 % se réorientent vers une formation courte technique (comme les IUT ou les STS) où ils réussissent. Seuls le Japon et la Belgique flamande ont un «taux de survie» dans le supérieur plus important. La spécificité française est plutôt le fort échec des bacheliers technologiques - sans parler des bacs professionnels - à l’université : seuls 18 % obtiennent un diplôme au moins équivalent à la licence et 64 % sortent du supérieur sans rien.
«Chaque année 15 % des enfants sortent du primaire en grande difficulté, plus 25 % avec des acquis fragiles»
Xavier Darcos a martelé ces chiffres tout l’automne. Il voulait démontrer l’urgence de s’attaquer au primaire, alors que jusqu’ici les critiques et les réformes se concentraient sur le collège, traditionnellement présenté comme le maillon faible du système. Il a même touché à l’un des grands mythes de l’école française : l’excellence de la maternelle que le monde entier nous envie.
Ces chiffres ne sont pas contestés. Ils sont tirés d’une étude du HCE (Haut comité à l’éducation) qui a fait grand bruit en août. Les syndicats enseignants le reconnaissent eux-mêmes : une partie non négligeable des élèves arrive au collège avec de graves lacunes et des bases à revoir. Pour y remédier, Darcos a mis en place l’an dernier l’accompagnement éducatif dans les collèges d’éducation prioritaire. A la rentrée 2008, il sera généralisé aux écoles primaires également en ZEP. Mais le dispositif est très critiqué : ses détracteurs estiment qu’il risque de rater sa cible - les élèves les plus en difficulté, qui ne resteront pas le soir après l’école - et que le soutien doit rester dans le cadre du temps scolaire.
«Dans les évaluations du primaire, la Finlande est première en tout, nous sommes dans les six derniers en Europe»
Si certains avaient encore des illusions, le ministre les a anéanties. Xavier Darcos poursuit ici un double objectif : montrer que l’on vit sur un rêve - en étant convaincus d’avoir l’une des meilleures écoles au monde - et qu’il faut tout revoir, à commencer par les programmes. Derrière sont visés les «pédagogues» qui ont concocté les programmes de 2001, jugés trop verbeux et trop compliqués et qu’il avait pourtant lui-même avalisés en tant que ministre délégué à l’Enseignement scolaire.
Là encore, on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut. Le ministre se réfère à la dernière enquête PIRLS (Progress in International Reading Literacy Study), menée dans 45 pays, qui évalue les compétences en lecture des enfants de 10 ans (en CM1). La France est effectivement parmi les mauvais élèves, mais les conclusions sont plus nuancées qu’il n’y paraît. Dans les réponses aux QCM, les élèves français réussissent mieux que la moyenne. En revanche, ils sont faibles lorsqu’il s’agit de rédiger des réponses.Le ministre pourrait aussi citer d’autres enquêtes - comme Pisa, sur les 15 ans - tout aussi respectables. On y apprend que les jeunes Français se défendent en mathématiques par exemple : ils sont au-dessus de la moyenne pour utiliser des faits scientifiques, en dessous pour expliquer des phénomènes de manière scientifique. L’enseignement français se caractérise aussi par de grands écarts entre le groupe des meilleurs et celui des plus faibles. Autant de statistiques qui tempèrent l’image passablement déprimante renvoyée par le ministre.


